Une nouvelle vision de l'Ennéagramme…
  

Frédéric Schmitt

 

Je tombe ce matin sur cet ancien texte écrit par Frédéric :

Le matérialisme spirituel : un obstacle au travail sur soi et à la reconnaissance de notre constellation intérieure.

 

Les informations que nous donnons sur le rapprochement entre l’ennéagramme et les autres philosophies et sciences donnent accès à une connaissance très approfondie voire ésotérique de l’être humain.

 

Notre expérience nous a montré qu’il est très difficile de reconnaître notre miasme fondamental. Par contre le sous-type instinctif est en général beaucoup plus facilement identifiable nous verrons pourquoi.

 

Notre miasme dominant ainsi que la tendance fondamentale qui lui est lié, est une souffrance profondément refoulée dans notre inconscient.

 

Le luétique instinctif  (891 )fixé dans le bien fondé de ses croyances aura du mal à admettre que sa tendance fondamentale est basée sur l’ignorance.

Le psorique émotionnel  (234 ) séducteur et théâtral aura du mal à admettre que sa tendance fondamentale est basée sur l’aversion et la haine.

Le sycotique mental  (567 ) pseudo détaché et libre penseur aura du mal à admettre que sa tendance fondamentale est basée sur le désir et l’attachement.

 

 

Les caractéristiques décrites pour tel ou tel type n’ont rien de péjoratif ou de rabaissant. Il n’y a pas de miasme ou de type meilleur qu’un autre.

 

Il s’agit juste si l’on veut s’en libérer de reconnaître une tendance profondément enracinée en soi.

 

La question est : voulons-nous vraiment nous connaître et nous transformer et cela va impliquer une remise en question forcément douloureuse ou bien voulons-nous flatter notre ego et continuer à imaginer ce que nous voudrions être ?

 

Le vénérable Chögyam Trungpa Rimpoché, un des plus grands maîtres bouddhistes tibétains qui a vécu et finit ses jours aux Etats-Unis, appelle ce processus le matérialisme spirituel. Voici ce qu’il en dit[1] : « Ici, deux approches semblent possibles. L’une consiste à essayer de vivre en accord avec ce que nous voudrions être, l’autre à tenter de vivre ce que nous sommes. Essayer de vivre en accord avec ce que nous voudrions être revient à prétendre que nous sommes un être divin,  ou une personne réalisée. Lorsque nous prenons conscience de ce qui ne va pas en nous, de la nature de notre faiblesse,…la  tentation naturelle consiste à essayer d’agir de façon totalement opposée, comme si nous n’avions jamais entendu parler du trouble qui nous habite. On se dit alors : pense positivement ! Fait comme si tout allait bien. Fais semblant d’être bon. Dans la tradition bouddhiste cette approche est connue sous le nom de matérialisme spirituel. »

 

 

Si donc nous voulons aborder un processus de changement authentique il paraît important de l’aborder avec honnêteté et clarté : qu’est-ce que je ne veux pas voir en moi ?

Un couple d’auteurs américains, Hal et Sidra Stone, créateurs de la méthode de psychothérapie appelée le Voice Dialogue  ou dialogue intérieur ont élaboré une méthode pour prendre conscience et contacter ces énergies que nous refoulons et que nous n’aimons pas en nous.

Hal Stone est psychanalyste jüngien. La méthode du dialogue intérieur est un prolongement du travail d’imagination active que proposait Jung pour travailler avec l’ombre. L’ombre est la partie de l’inconscient dans laquelle nous refoulons tous ce que n’aimons pas en nous, qu’on nous a interdit de manifester.

Pour ces auteurs[2] : «  les gens et les choses dans le monde que nous rejetons, haïssons, et jugeons, où à l’inverse que nous idéalisons, sont des représentations directes des parties de soi refoulées. En corollaire de cela, toute personne que nous jugeons, haïssons ou rejetons, ou toute personne que nous idéalisons, est un professeur potentiel pour nous, si nous pouvons revenir en arrière, et voir comment la base de notre réaction, est une partie de soi refoulée. »

 

Un bon exercice peut constituer à noter sur une feuille de papier toutes les personnes que nous détestons le plus et toutes celles que nous idéalisons le plus. Nous aurons un bon panel de quelques parties de soi refoulées et peut être cela nous commencera par nous orienter vers notre miasme ou type ennéagramme.

 

Nous pouvons dire en somme que ce qui nous fait le plus souffrir et que nous ne voulons absolument pas voir en nous est certainement ce qui constitue notre nature la plus  profonde et secrète .

 

 

 

 

 

 

 

[1] Chögyam, Trungpa – Folle Sagesse – Editions du Seuil.

[2] Hal Stone – Sidra Winkelman Embracing each others – New World Libairy.

 

 

 

Extrait : Turning to the Source,Enneagram Revisited, issue 206 ,   B&F Schmitt 2014

Traduit de l’anglais :

Méthode de diagnostic de type

Afin d’appliquer le typage de l’ennéagramme à la médecine homéopathique, nous devions nous assurer d’avoir une méthodologie précise de diagnostic de type E et de sous-type, qui soit à la fois fiable et reproductible.


Fiabilité

La fiabilité relie l’ampleur de l’erreur de mesure dans les mesures observées à la variabilité inhérente au niveau «sans erreur», «vrai» ou sous-jacent de la quantité entre les sujets. Si la fiabilité est élevée, les erreurs de mesure sont faibles par rapport aux véritables différences entre les sujets, de sorte que les sujets peuvent être relativement bien distingués. Une faible fiabilité indique que de grandes variations dans les scores peuvent être attendues lors du nouveau test.


Reproductibilité

La reproductibilité est la variabilité du système de mesure causée par les différences de comportement de l’opérateur.

En termes d’ennéagramme, ce qui doit être mesuré est le type ou le sous-type. Le « typeur » est bien sûr un être humain qui mesure subjectivement selon ses capacités perceptives. Dans ce cas, la précision (fiabilité) dépend du pourcentage d’erreur et du degré de précision de la saisie.

Le facteur de reproductibilité est déterminé par la variation du degré de consistance du typage lorsqu’il est répété dans différentes conditions et par différents types. Plusieurs typeurs devraient être en mesure de typer le même sujet de manière cohérente, sans avoir à se concerter.

Nous considérerons une méthode de typage scientifique si elle répond aux critères suivants:


 Haute fiabilité
Reproductibilité élevée


Quand nous avons abordé l’ennéagramme au début, nous avons vu que les méthodes proposées étaient vagues, inexactes ou non reproductibles.

Les résultats les plus communs que nous avons observés dans la littérature ou dans les témoignages étaient que le typage lui-même était complètement «dépendant du typeur».

Autrement dit, les résultats variaient d’un typeur à l’autre. Et même en répétant le processus après un certain temps sur le même sujet par le même typeur, le résultat était souvent différent.
Pour notre but en tant qu’homéopathes, une telle amplitude de variation et un manque de typage précis et fiable étaient inacceptables. Nous ne pouvions pas utiliser des tests de typage basés uniquement sur les états psychologiques du sujet et du testeur – ils étaient trop subjectifs pour une consultation médicale.
Nous avons dû élargir les données, et notre seule solution était de faire la lumière sur l’ennéagramme en utilisant d’autres systèmes et en comparant les points et les facteurs communs. Les critères de validation ont été vérifiés en fonction du succès des résultats dans la pratique homéopathique avec nos patients.

 

 

 

 

L’Ennéagramme et le Mandala du Soi

Bernadette Bollero-Schmitt

Frédéric Schmitt, MD, homéopathe.

Auvergne 2006

 

Quelques notions au sujet des travaux de B&F Schmitt menés depuis 2000 sur l’Ennéagramme et de leur  méthodologie de recherche.

Ce texte a été écrit en 2006, et ne  tient compte que du début de nos recherches, sa genèse en quelque sorte.

Les recherches ont  bien avancé depuis notamment avec l’introduction des 5 caractères de Reich, les 5 Familles de Sagesse du bouddhisme, les 72 Archétypes/Anges  et les 36 Décans astrologiques en lien avec l’Enneagramme et les Fleurs de Bach

. Ouvrage en cours de rédaction , Patience …

 

 

Introduction

 

L’ennéagramme est un outil dont l’origine est mystérieuse. Nous sommes redevables à G.I. Gurdjieff d’avoir divulgué, dans les années 1920, pour la première fois en occident ce remarquable système. Cependant son usage systématique dans la compréhension et l’analyse de la psyché humaine remonte à Oscar Ichazo dans les années 1960. Laleh Bakthiar a publié un remarquable ouvrage en 1994 levant pour la première fois le voile sur l’approche soufie  et néo-platonicienne de l’ennéagramme.

Bernadette a connu l’ennéagramme au contact de son maître, le Vénérable Dhiravamsa, enseignant bouddhiste respecté, l’ayant lui-même étudié auprès de Claudio Naranjo dans les années 1970.

Frédéric est médecin, homéopathe classique depuis 1986, également élève de Dhiravamsa.

 

Dans les années 2000, Bernadette et Frédéric, ont découvert les clés permettant d’appliquer l’ennéagramme à l’homéopathie. Il s’avère que ces deux systèmes ont une très grande similitude. Ils présentent deux portes d’entrée : pour l’ennéagramme les trois centres et les trois sous-types, pour l’homéopathie, les trois miasmes et les trois règnes. Leur découverte a consisté à mettre en parallèle les trois centres et les trois miasmes ainsi que les trois sous-types et les trois règnes. Afin de comprendre l’importance de cette découverte, il faut rappeler que la thérapeutique homéopathique traite l’individu dans sa globalité physique, énergétique et psychique.

 

Samuel Hahnemann, fondateur de l’Homéopathie

 

L’homéopathie

Dans cette approche médicale, la pratique a démontré qu’une substance unique va équilibrer un individu unique. Cette substance est appellé le Simillimum. Toute la quête de l’homéopathe est de déterminer ce fameux graal, le Simillimum. En homéopathie, afin de faciliter cette recherche, les praticiens ont l’habitude de diagnostiquer au préalable le miasme et le règne de leurs patients. Il existe trois miasmes (ou terrains) ainsi que trois règnes (minéral, animal, végétal). Le diagnostic correct du miasme et du règne va orienter vers un certain groupe de remèdes spécifiques. Cependant cette recherche est ardue, car il existe près de 3000 remèdes dans la pharmacopée homéopathique. Si bien que les homéopathes n’utilisent qu’environ une centaine de ces remèdes dans 80% des cas.

La découverte de Bernadette et Frédéric a permis de faciliter grandement le diagnostic de miasme et de règne. En effet, leur pratique clinique a démontré que le centre prédominant dans l’ennéagramme détermine le miasme dominant et de la même façon le sous-type dominant celui du règne. Ceci est objectivé les  tableaux suivant, sorry in English only   :

 

Enneagram Center Subtype
Homeopathy Miasma Kingdom

 

 

 

Centers Instinctive Emotional Mental
Miasmas Luesis Psora Sycosis

 

 

Subtypes Selfpreservation Sexual Social
Kingdoms Mineral Animal Vegetal

 

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Historique de l’Ennéagramme

Bernadette et Frédéric Schmitt

 

Cet article est paru en mars 2015 dans Enneagram Monthly.

Dans les années 1950, Oscar Ichazo (né en Bolivie en 1931) a été invité à participer à un groupe d’étude de mystiques européens et orientaux de haut rang à Buenos Aires, en Argentine, composé de Martinistes, théosophes, Rose-Croix et anthroposophes. Ichazo leur servait de boy à tout faire, et ils lui ont enseigné la Kabbale, le soufisme, le yoga, le Zen et les techniques du travail de Gurdjieff (voir aussi les numéros 21, 22 et 23 de EM).

Citons Ichazo:

«C’était autour de 1950, et (un) homme m’a invité à Buenos Aires, où j’ai été impliqué avec un groupe de mystiques, dont beaucoup avaient 70 ou 80 ans quand je les ai rencontrés…. Aucun d’entre eux n’était sud-américain. Ils étaient européens ou du Moyen-Orient « (extrait de Entretiens avec Oscar Ichazo, Arica Institute publication 1982).

Selon Claudio Naranjo, Ichazo a dit spécifiquement qu’il détenait toute la tradition qui s’était répandue dans de nombreuses branches à travers le monde et dans diverses cultures. On lui a donné «l’ensemble des œuvres» et la mission de la traduire en termes occidentaux.

Un des seuls noms qu’Ichazo n’ait jamais mentionné publiquement comme un enseignant et une source pour lui, est Leo COSTET de MASCHEVILLE, un enseignant spirituel français. Qui était cet homme, et comment pourrait-il être impliqué dans la genèse de l’ennéagramme?

 

Leo Costet de Mascheville

Nous commençons l’histoire avec son père, Albert Raymond COSTET-CONDE de MASCHEVILLE (1872-1943) né à Valence, France.

En 1895, à l’âge de 23 ans, il devient délégué du Conseil suprême de l’ordre Martiniste fondé par PAPUS (de son vrai nom: Dr. Gerard ENCAUSSE, médecin français qui fonde l’ordre Martiniste en 1887).

1901 : naissance de son fils, Leo COSTET de MASCHEVILLE (1901-1970) en France.

En 1910, lui et sa famille quittent la France et s’installent en Argentine en arrivant le 26 février 1910 à Buenos Aires.

En 1920, Albert COSTET initie son fils Leo à l’ordre Martiniste.

 

Léo Costet de Masheville

 

Albert COSTET envoie son fils Leo en France pour une mission spéciale afin de renouer avec les ordres ésotériques traditionnels du Martinisme et de la Rose-Croix.

Le 22 mars, 1927 Albert COSTET est nommé délégué du Conseil suprême de l’ordre Martiniste de PAPUS, et commence l’ordre Kabbalistique de la Rose-Croix dans la ville de Curitiba, (Brésil).

1932 : Leo COSTET est transféré (probablement sur Conseil de son père) à Montevideo (Uruguay) et fonde le groupe d’étude ésotérique GIDEE (groupe d’études ésotériques) basé sur l’ordre Martiniste de PAPUS.

En 1936, Albert COSTET déménage à Sao Paulo et nomme son fils Président de l’ordre des Martinistes.

Le 23 décembre 1939, la Constitution de l’ordre Martiniste de l’Amérique du sud est proclamée à Porte Alegre, au Brésil, qui unit tous les Martinistes du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay.

1941 : Leo COSTET de Mascheville devient « Sri Sevananda Swami » et son gourou indien Subrahmanyananda fait de lui son successeur dans la lignée de Suddha Dharma.

1949 : Leo COSTET fonde «l’Association mystique occidentale» à Montevideo (Urugay) qui devint bientôt un centre de convergence de différents courants spirituels tels que le Suddha Dharma, le rituel égyptien d’Osiris, le  Ramakrisna ashram du Kriya Yoga, le soufisme, l’Ordre Martiniste, le Maîtreya Mahasangah, l’ordre de la Rose-Croix ordre, le Zen Bodhi Dharma,…

1953: Léo va à Resende, Rio de Janeiro (Brésil), où il acquiert une très grande superficie pour établir un ashram qui est devenu célèbre au Brésil et dans le monde entier.

Tout est en concordance pour indiquer que le groupe de mystiques à Buenos Aires dans lequel Ichazo avait été inclus, était précisément ce groupe créé par Albert, puis dirigé par Leo COSTET de MASCHEVILLE.

Étant donné que les Mascheville étaient les représentants de l’ordre Martiniste en Amérique du Sud, il est intéressant de remonter les sources de cet enseignement à son commencement avec PAPUS.

Papus and the Martinist Order

PAPUS (1865-1916) fonde l’ordre Martiniste en 1887. Il était profondément immergé dans le renouveau occultiste européen et déclarait publiquement être le dépositaire de l’enseignement de l’initié Louis-Claude de Saint Martin (1743-1803) qui disait détenir ses enseignements de Martinès de Pasqually (1727-1774). Le nom de « Martiniste » venait du nom de « Saint Martin » mais Pasqually était le véritable inspirateur de l’ordre Martiniste.

Pour souligner l’importance de la Kabbale dans l’ordre Martiniste, voici un extrait de leur site Web français (http://www.Martiniste.org): « la Kabbale est le livre de la tradition occulte d’Israël. Il doit être entre les mains de tout homme qui souhaite approfondir le mystère de la vie, qui se demande quelle est l’origine et le destin de l’existence, et qui aimerait explorer le Royaume de l’invisible pour comprendre les relations avec le monde visible ».

Il est important de savoir que la Kabbale comme enseigné par l’ordre Martiniste ainsi que différents mouvements ésotériques et occultistes européens n’est pas la Kabbale juive, mais une forme plus syncrétique généralement appelé la Kabbale chrétienne.

 

Kabbale juive

En 1174, la publication d’un texte étrange et énigmatique dans le sud de la France connu sous le nom de Bahir est, par la plupart des commentateurs, anciens et modernes, considéré comme le véritable début de la Kabbale. Les tentatives d’établir sa paternité ou sa provenance ont été en grande partie infructueuses. Le foyer principal de la Kabbale s’est ensuite déplacé dans le nord de l’Espagne, où ses conceptions principales atteignirent une forme stable, culminant dans la publication du plus importante et influent des textes kabbalistiques, le Zohar. Moïse de León (v. 1250 – 1305) rabbin espagnol et kabbaliste est considéré comme son auteur ou rédacteur. Le Zohar est un groupe de livres comprenant des commentaires sur les aspects mystiques de la Torah (les cinq livres de Moïse) et des interprétations bibliques ainsi que des documents sur le mysticisme, la cosmogonie mythique et la psychologie mystique.

Kabbale Chrétienne

La Kabbale chrétienne parfois appelée la Kabbale philosophique ou de la Renaissance est un courant philosophique chrétien inauguré par Giovanni Pico della Mirandola (1463-1494) qui a adapté la Kabbale au christianisme. Della Mirandola a été un excellent néoplatonicien pendant la Renaissance italienne. Non seulement n’écrivait et ne lisait-il pas couremment en latin et en grec, mais il était aussi un très grand connaisseur des langues hébraïque et arabe. Le pape a banni ses œuvres considérées comme hérétiques. Selon Della Mirandola, la Kabbale était un système capable de révéler les mystères du christianisme.

Pico della Mirandola avait plusieurs maîtres kabbalistes, principalement juifs convertis au christianisme.  Les Juifs ont été déplacés dès 1477 et en 1492, déportés massivement hors de l’Espagne. Les chrétiens avaient donné aux Juifs le choix entre le départ forcé ou la conversion, et bien que la conversion les ait mis dans une situation très précaire beaucoup ont fini par la choisir et tout en poursuivant l’étude de ce qui était maintenant devenu le « Vieux Testament »-mais ils devaient être très discret sur les éléments de la tradition kabbalistique.

Des traductions de textes juifs et kabbalistique ont été faites par plusieurs Juifs convertis, par exemple, Samuel ben Nissim Abulfarash, mieux connu par son nom de conversion, Flavius Mithridate. Il a traduit plus de 3000 pages d’œuvres de l’hébreu qui est devenu la bibliothèque kabbalistique de  Pico della Mirandola. Mithridate, ainsi que d’autres chrétiens kabbalistes  plus tard, ont cherché à convaincre le pape qu’il pourrait démontrer des vérités chrétiennes avec la Kabbale. Il ne fait aucun doute que c’est aussi Mithridate qui a traduit des œuvres plus spécialisées pour l’enseignement de Pico della Mirandola; Il a également présenté le livre de la Sepher ha-Bahir à Pico qui l’a étudié dans sa langue d’origine.

Beaucoup d’écrivains non-Juifs ont écrit des livres sur la Kabbale comme Johann Reuchlin (1455-1522) qui a publié deux ouvrages sur la Kabbale, De Verbio Mirifico (en 1494, mélange de néoplatonisme, de Kabbale et d’hermétisme) et De Arte Cabbalistica. Dans une lettre adressée au pape Léon X, Reuchlin justifia l’importance de la Kabbale en affirmant que Pythagore, jaillissant de la tradition platonique, fut instruit par les Hébreux. Une des caractéristiques de la Kabbale chrétienne était qu’elle était très une tradition intellectuelle, sans les pratiques extatiques de la Kabbale juive, ou l’intégration avec les pratiques religieuses traditionnelles.

La Kabbale a influencé un important cercle d’intellectuels au XVIIe siècle. Au centre de ce cercle a été christan Knorr von Rosenroth qui a traduit certaines des parties les plus énigmatiques du Zohar et de plusieurs autres documents kabbalistiques, et les a publiés dans Kabbalah Denudata (la Kabbale dévoilée). La Kabbale fut popularisée au XIXe siècle par l’écrivain occulte français Eliphas Levi (Alphonse Louis constant 1810-1875). Eliphas Levi eut une forte influence intellectuelle sur Papus, attestée dans son livre « La Kabbale : tradition secrète de Occident.

Si la Kabbale chrétienne est une tentative d’appliquer la Kabbale dans le contexte du christianisme, elle a aussi de nombreuses sources néo-platoniciennes.

 

Les néo Platoniciens

Le néoplatonisme (ou néo-platonisme) est une doctrine philosophique développée à Rome depuis 232 par Ammonius Saccas et principalement par Plotin, dont le dernier représentant était Damascius, en 544.

Néoplatoniciens chrétiens

Les chrétiens ont été influencés par le néoplatonisme. Les plus influents de ceux-ci furent Origène d’Alexandrie (c. 185-250 AD), élève d’Ammonius Saccas et auteur du cinquième siècle connu sous le nom de Pseudo-Denys l’Aeropagite.

Pour Origène « toutes les âmes existaient déjà avec leur créateur dans un état parfait, spirituel (non matériel) comme «esprits» ou noûs, mais ont chuté car elle voulurent poursuivre une existence indépendante de Dieu. Puisque toutes les âmes furent créées absolument libres, Dieu ne pouvait simplement pas les forcer à revenir à lui en raison de son amour infini. Dieu créa ainsi le monde physique, et initia l’histoire, dans le but de guider les âmes rebelles vers le retour à la contemplation de son esprit infini ».

Évagre ponticus, également appelé Évagre le solitaire (345-399 AD), était un moine chrétien Néo-platonicien fortement influencé par Origène, et l’un des théologiens les plus influents de l’église de la fin du IVe siècle. La caractéristique la plus importante de sa recherche était un système de catégorisation de diverses formes de tentation. Il a développé une liste exhaustive vers 375 après JC de huit (ou neuf) passions (logismoi), dont tous les péchés seraient dérivés. Cette liste était destinée à servir un objectif diagnostic : aider les lecteurs à identifier le processus de la tentation, leurs propres forces et faiblesses, et les remèdes disponibles pour surmonter la tentation. Évagre a déclaré: «la première passion est celle du chérissement de soi; ensuite viennent les autres  »

La pensée d’Origène a été déclarée hérétique par le Concile de Constantinople en 553 après JC.  Bien que Évagre ne soit pas mentionné nommément dans les 15 anathèmes du Concile, aux yeux de la plupart de ses contemporains, le Concile de 553 avait réellement condamné Évagre, ainsi que Origène et Didymus.

Dans l’un des traités de Évagre (Sur les vices opposés aux vertus, dans le corpus ascétique grec), nous trouvons l’ajout d’un neuvième vice à la liste habituelle de huit: la jalousie est insérée entre vanité et orgueil. Une telle liste de neuf vices n’est pas trouvée ailleurs dans Évagre, bien qu’il parle de la jalousie à divers endroits, et avec une certaine importance dans le traité Etilogios, où il l’associe étroitement au vice de vanité.

Évagre divise les neuf Logismoi (vices) en trois groupes qui correspondent aux trois secteurs de l’âme décrits dans la philosophie grecque: concupiscible (epithemya), irascible (thymos) et raison (Noûs).

  • Le concupiscible donne les trois passions pour manger, se reproduire et posseder.
  • L’irrascible donne les trois passions de la tristesse, la colère et l’acédie.
  • La raison donne les trois passions de la vaine gloire, l’envie et la fierté (hybris).

Pour Platon, les trois parties de l’âme résident dans les trois centres du corps, le Noûs dans la tête, le thymos (colère) dans le coeur et le epithymia (appétit) dans le ventre.

 

Répartition des neuf Logismoi Chez Évagre
  Vices Vertus
Epithemya

Concupiscible

Ventre

Gourmandise Abstinence
Fornication Chasteté
Avarice Liberté de possession générosité
Thymos

Irascible

Cœur

Tristesse Joie
Colère Patience
Acédie

(lassitude du coeur)

Persévérance
Noûs

Raison

Tête

Vanité Liberté de la vanité
Jalousie Liberté de la jalousie
Fierté Humilité

 

Dans le monde latin, l’influence d’Évagre a été préservée et propagée par l’un de ses disciples les plus fidèles, Jean Cassien, qui a présenté les éléments de base de l’enseignement d’Évagre sur les étapes de la vie monastique, l’anthropologie tripartite, et les huit vices (bien que Cassien ne mentionne jamais Évagre par son nom, puisque sa réputation avait été déjà viciée). Au travers de Cassien, la pensée d’Évagre passa à Grégoire le grand, et le schéma des huit vices fut transformé en la liste maintenant célèbre des sept péchés «capitaux». Une partie de la Règle monastique de Saint Benoît répète presque mot pour mot certains textes de Cassien, et recommande aussi qu’elle doit être prolongé par la lecture de la Conférences des pères et les Institutions de Cassien. Les moines chrétiens de l’Occident considèrent aujourd’hui Cassien comme l’un des principaux maîtres de la vie monastique, qui a aidé l’Occident à profiter de la riche expérience des premiers moines de l’est.

Néo-platoniciens juifs

L’influence de la pensée philosophique grecque sur le développement de la Kabbale, en particulier de Platon et le néo-platonisme, a longtemps été reconnu. Le néoplatonisme a été adapté et adopté par de nombreux penseurs Juifs. L’un des représentants les plus illustres était Isaac l’aveugle en 1180, Ibn Latif en 1300, Moïse de Leon (auteur du Zohar en 1280); Judah Leon Abravanel, avec ses « dialogues d’amour » (1503), réalise la « synthèse du néoplatonisme et de la Kabbale »( P. Behar). Probablement la notion platonique la plus importante qui trouva son  chemin dans la pensée kabbalistique est la doctrine des formes ou des idées.  La doctrine kabbalistique des dix Sefirot est ainsi un monde de formes judéo-platoniques, comprise par les kabbalistes pour être les archétypes par lesquels Dieu créa et structura le cosmos. En concluant que Dieu et la création sont composés de valeurs telles que «volonté», «sagesse», «compréhension», «bonté», «justice» et «beauté», les kabbalistes ont placé la doctrine platonique des idées au cœur de leur propre théosophie.

La notion platonique et aristotéliciennes des vices et des vertus a été intégrée dans toutes les écoles de pensée néoplatoniciennes. C’est un facteur si important dans l’ennéagramme d’Ichazo que nous allons approfondir cette notion. Aristote décrit la vertu éthique comme un « Hexis » — une tendance ou une disposition, induite par nos habitudes, d’avoir des sentiments appropriés. Les états de caractère « défectueux » sont hexeis (pluriel de Hexis), décrits comme des tendances à avoir des sentiments inappropriés. Dans les premiers dialogues de Platon, la vertu n’est rien d’autre qu’une sorte de connaissance et le vice, rien d’autre qu’un manque de connaissance. En outre, toute vertu éthique est une condition d’équilibre entre deux états, l’un impliquant l’excès, et l’autre le manque. À cet égard, dit Aristote, les vertus ne sont pas différentes des compétences techniques : chaque travailleur qualifié sait comment éviter l’excès et le manque, et rester dans un état situé quelque part entre deux extrêmes. La personne courageuse, par exemple, juge que certains dangers méritent d’être affrontés et d’autres pas, et éprouve la peur à un degré qui est approprié à sa situation. Il opère d’une manière équilibrée entre le lâche, qui fuit tous les dangers et expérimente une peur excessive, et la personne téméraire, qui juge que tout danger mérite d’être affronté et n’éprouve que peu ou pas de peur. Aristote soutient que cette même topographie s’applique à toute vertu éthique : toutes sont situés sur une carte qui place les vertus entre des états d’excès et de manque» (éthique d’Aristote, http://Plato.Stanford.edu). Nous reviendrons sur cette notion plus tard.

 

Pico Della Mirandola

 

Néo-Kabbale

Parmi l’une des vues syncrétique typiques des néo-kabbalistes, il y a les neuf chœurs angéliques de la tradition chrétienne, reliés aux neuf planètes, aux neuf sephitoth de la Kabbale juive ainsi qu’aux neuf vices et vertus de la tradition néo-platonique, comme suit:

 

Choeurs d’anges Planètes Sephiroth Vices Vertus
Séraphins Neptune Kether Inertie Accomplissement
Chérubins Uranus Hochmah Arrogance Dévotion
Trônes Saturne Binah Avarice Silence
Dominations Jupiter Hesed Gourmandise Obéissance
Vertus Mars Geburah Colère Courage
Pouvoirs Soleil Tiphereth Fierté Humilité
Principautés Vénus Nétza’h Luxure Détachement
Archanges Mercure Hod Malhonnêteté Authenticité
Anges Lune Yesod Paresse Indépendance

 

 

Evagrius Pontificus

 

Cette liste des vices et des vertus ne doit pas être considérée comme absolue car elle peut différer d’un auteur à l’autre. C’est plus ou moins la même que les neuf logismoi d’Évagre.

Naissance de l’ennéagramme

Si nous gardons le schéma d’Evagrius, il est très facile de faire une correspondance entre les trois parties de l’âme et les trois centres de la Ennéagramme, les neuf vices/vertus et les neuf points de Ennéagramme. Nous gardons l’ordre original de Evagrius et commençons par le nombre sept dans le sens inverse des aiguilles d’une montre sur le cercle du Ennéagramme:

 

  Enneatypes Vices Vertus
Epithymia

Concupiscible

Désir et intestin (Néo-platonisme)

Centre mental (Ennéagramme)

7 Gourmandise Abstinence
6 Fornication Chasteté
5 Avarice Générosité
Thymia

Irascible

Colère et coeur (Néo-platonisme)

Centre émotionnel

Ennéagramme)

4 Tristesse Joie
3 Colère Patience
2 Acédie Persévérance
Noûs

Raison

Raison et tête (Néo-platonisme)

Centre instinctif (Ennéagramme)

1 Vaine gloire (vanité) Absence de vanité
9 Jalousie Absence de jalousie
8 Fierté Humilité

 

Oscar Ichazo est directement issu de ce contexte culturel et théologique et nous avons là la preuve que la colonne vertébrale d’Ichazo est clairement néo-kabbalistique.

Dans la Néo-Kabbale, Ennéagramme est déjà préfiguré : trois centres, neuf vices, neuf vertus.  Ainsi, l’émergence de l’ennéagramme d’Ichazo est assez facile à saisir.

Ichazo était très familier avec la figure à neuf points de Gurdjieff ainsi qu’avec l’enseignement de la Kabbale, ainsi relier les deux fut un défi pour lui.

Les mots clés de l’ennéagramme d’Ichazo sont presque les mêmes (que ceux de Évagrius) mais dans un ordre différent.

Mais il y a un autre niveau : selon Claudio Naranjo et John Lilly, il agissait toujours sous la direction de ses propres professeurs. Par exemple (selon Naranjo), Ichazo avait reçu l' »ordre » de ses professeurs d’aller à Arica, au Chili, et d’y enseigner. Naranjo croyait aussi que Ichazo semblait toujours être en contact avec ses propres enseignants, mais qu’ils n’étaient pas au Chili.

Une histoire a également circulée que, après la mort de l’un de ses professeurs originaux, Ichazo prit sa place comme l’un des chefs de l’école et commença sa mission d’enseignement.

Ichazo fonda l’école Arica en 1968 et commence son enseignement en juillet 1970. Cependant, Leo COSTET de MASCHEVILLE mourut en 1970. Quelle coïncidence !

Ichazo a dit spécifiquement qu’il détenait l’ensemble de la Tradition qui était répartie dans de nombreuses branches à travers le monde et dans diverses cultures. On lui aurait donné « l’ensemble de l’œuvre » et la mission de la traduire en termes occidentaux. Une nouvelle culture naîtrait de ses efforts, et ceux qui étaient les pionniers seraient à l’origine d’un développement très important, à savoir la création de nouvelles réformes culturelles qui incarneraient la Vérité.

Ichazo explique les raisons pour lesquelles l’Amérique du sud est le centre de ce nouveau mouvement culturel. L’Europe avait eu son temps, et maintenant ce serait le temps des Amériques, en particulier l’Amérique du Sud, parce que l’influence européenne n’était pas aussi forte là-bas et le christianisme pourrait disparaître. Ainsi, l’Amérique du Sud serait la source à partir de laquelle ce nouveau mouvement commencerait.

L’ennéagramme moderne était né!

L’hypothèse actuelle est que l’ennéagramme moderne a été lancé par Oscar Ichazo (et c’est vrai), mais personne ne sait comment il a créé ce modèle et d’où il vient.  Certains disent que cela venait des traditions soufies, d’autres des pères du désert ou de Ramon Lulle, mais personne ne le sait vraiment. Ceux-là qui soutiennent que ce n’est ni important ni pertinent de connaître les sources réelles, entretiennent une aura inutile de mystère autour d’Ichazo et de l’ennéagramme. Le mystère n’est pas bon pour les études scientifiques, mais probablement mieux pour le business.

Notre thèse est la suivante :

Pour autant que nous sachions, autour de 1920 Gurdjieff créé la figure à neuf pointes nommée ennéagramme tel que représenté aujourd’hui (à ce jour, il n’existe aucune preuve solide d’une quelconque antériorité).

Ichazo a pris cette figure de l’ennéagramme et lui a appliqué la néo-Kabbale (et probablement d’autres systèmes, tels que les neuf mewa de l’astrologie sino-tibétaine).

Cette nouvelle thèse a au moins quatre avantages:

D’abord : elle rend le commencement de l’ennéagramme moderne plus claire et moins mystérieux (désolé…). Il est plus facile d’étudier les sources et de comprendre un fondement clair comme la Kabbale.

Deuxièmement : il n’est plus besoin de maintenir une aura de mystère ou de sagesse magique autour de l’ennéagramme, obstacle à l’approfondissement de sa connaissance et plus personne n’est le soi-disant « détenteur » de la connaissance de l’ennéagramme.

Troisièmement : dans ce contexte, il est plus facile d’être reconnaissant à Oscar Ichazo en tant que fondateur de ce nouveau modèle de la personnalité et d’apprécier la profondeur de ses découvertes.

Quatrièmement : il est maintenant possible d’étudier l’ennéagramme en dehors du contexte d’Oscar Ichazo (ou de Claudio Naranjo, et des auteurs successifs) et d’appliquer d’autres idées ou de recherche sur ce modèle, exactement comme Laleh Bakhtiar qui a appliqué la théorie néo-platoniques des neuf points (dans le contexte soufi) à l’ennéagramme, et comme nous faisons au sein de l’Institut MARIE depuis 2000.

 

 

 

 

Illustration : Evelyn de Morgan

 

 

Les 72 noms de Dieu, ou Anges du zodiaque

 

Les 72 « anges » demandent une petite explication…

Leur origine remonte à la tradition hébraïque, et vient du psaume de la bible qui parle de l’exode et dont sont tirés les 72 noms de Dieu.

Ce psaume comporte trois phrases de 72 lettres chacune. En prenant les trois premières lettres de chacune des trois phrases on obtient un premier nom et ainsi de suite pour donner 72 noms qui comportent chacun 3 lettres. La tradition hébraique arrange ces 72 noms sur le cercle du zodiaque en partant du 0° du bélier et ainsi chaque nom correspond à 5°.

La Rosace des  72 Anges sur le zodiaque

 

Ainsi chaque signe du zodiaque (30°) contient 6 noms (6X12=72). Cela était le support de diverses pratiques spirituelles dans cette tradition. Lors de la renaissance italienne propice à la synergie entre les traditions juives et chrétiennes, les 72 noms de Dieu sont devenus 72 Anges. Ainsi il faut comprendre ces Anges non comme des êtres extérieurs, mais comme des énergies divines symbolisées sur le zodiaque et que nous portons à l’intérieur de nous.

Il existe 4 autres niveaux de répartition de ces anges correspondants aux 4 éléments dans cet ordre Terre Eau Feu Air.

Si l’on répartit un ange tous les 5 ° nous obtenons l’ange de Terre ou l’ange qui régit le plan physique. Si l’on réparti un ange par degré (72 anges occuperont donc 72 degrés et i y aura 5 cycles de 72 sur l’année) cela nous donne approximativement un ange par jour, et cela correspond à l’ange de l’Eau ou l’ange émotionnel.

Si l’on répartit les 72 anges sur une semaine (7.2 degré exactement, soit 50 cycles de 72) nous obtenons l’ange du Feu ou ange de l’intuition. Et enfin si l’on répartit les 72 anges sur une journée (ou un degré, soit 360 cycles de 72) nous obtenons l’ange de l’Air ou ange du mental. Et finalement (mais là nous en parlerons un autre jour) le 5° ange est l’ange de l’Espace ou ange de notre identité profonde. Sa connaissance s’obtient par l’analogie avec l’ennéagramme.

 

Les 72 Anges et l’Ennéagramme :

Le lien que nous avons fait entre ces 72 énergies et l’ennéagramme est possible parce que dans notre modèle nous avons déterminé 8 sous-types (4 yin et 4 yang = 8) se combinant avec les 9 types (8X9 = 72). Le soustype sexuel , étant divisé en deux , l’aspect masculin (le sexuel/mars ) et l’aspect féminin (le sexuel/venus ) ce qui porte à quatre le nombre de soustypes . (voir différents articles dans le magazine américain Enneagram Monthly, n°211 et 224 )

Le lien effectué entre les 72 anges et les 72 archétypes de l’ennéagramme ne l’a pas été suivant notre inspiration ou notre compréhension mais par un calcul mathématique assez élaboré et que nous avons par la suite vérifié en pratique par l’observation.

Je précise cela car quand nous disons que tel ange correspond à tel type de l’ennéagramme ce n’est pas par une réflexion psychologique que nous y sommes arrivés mais par une logique mathématique, ce qui est beaucoup plus profond.

Ainsi ces 72 Anges ou Archétypes de l’Ennéagramme ne se classent pas dans l’ordre du zodiaque (le premier Ange en type 1, etc… ), mais selon un ordre bien précis lié aux quatre éléments et à leurs correspondances avec les  huit sous types que comportent chacun des 9 Types

Nous avons ainsi des Anges de Feu, deux par type, à savoir 18 Anges de Feu, puis 18 Anges d’Eau, puis d’Air, puis de Terre ce qui fait 72 Anges au total  qui couvre la totalité du Modèle de l’Ennéagramme tel que nous l’avons élaboré.

Pour exemple, nous aurons pour le type 1 :

1 Feu Yang (sexuel Mars) : Ange Vehuel n° 1

1 Feu Yin  (sexuel Mars ): Ange Jeliel n°2

 

1 Air Yang (social ) : Ange Aniel n° 37

1 Air Yin (social ) : Ange Haamiah n°38

 

Pour des raisons de copyright il nous est impossible de donner ici la liste complète, Merci de votre compréhension

A suivre, si vous le voulez bien…

 

Le retour de Proserpine

Frederic Leighton

 

Au sujet de Proserpine, voici un  court extrait d’un article qui devrait paraitre prochainement.

Cet extrait  vient compléter un précédent billet sur ce blog, consacré à l’Ange Rochel

 

Le complexe de Proserpine

 

Les mystères d’Eleusis, principal et plus ancien culte de la religion grecque ont duré environ 2000 ans (- 1450 à + 392). Ils étaient étroitement connectés au mythe de Demeter et Persephone.

Le mythe reflète la notion de transformation et la nature cyclique de la vie. L’existence ne s’arrête pas avec la mort parce qu’il n’y a pas de mort ; Il y a seulement le changement d’un état d’être à un autre, symbolisé par la décomposition de la graine dans la terre et sa réapparition sous la forme d’un être vivant qui s’élève vers la lumière.

Ainsi les initiations aux mystères d’Eleusis étaient probablement proches de ce que les survivants des expériences de mort imminente (EMI) rapportent ou ce qui est vécu en thérapie transpersonnelle, lors des séances de respiration holotropique (ce que le psychiatre Stanislav Grof a appelé les matrices périnatales).

Il y a donc dans le complexe de Proserpine un fort besoin d’initiation spirituelle aux vérités de la vie et de la mort, d’exploration en profondeur de la psyché et de transformation complète et radicale de l’être, sans compromis pour les mondanités et les visions superficielles de la réalité. Ces personnes sont des chamanes, des guérisseurs (guérisseuses) spirituels, des médiums. Ils présentent une grande aptitude aux phénomènes de transes, ils ont des visions et ils ont naturellement des pouvoirs psychiques -guérison, clairvoyance, télépathie, …

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Les trois Grâces de Botticelli

 

 

Un des systèmes les plus intéressants est l’astrologie car il décrit les cycles de l’existence, aussi bien extérieurs (les évènements), somatiques (la chronobiologie) que ceux de nos émotions.
On peut bien sûr se servir des positions planétaires, mais dans notre pratique par l’attention et la conscience nous pouvons observer les macrocycles (de la naissance à la mort) et les microcycles (d’un instant) de notre existence.


En cela les douze signes du zodiaque sont un modèle excellent. Les douze signes sont répartis en quatre quartiers : Est – Printemps (enfance), Sud – Eté (maturité), Ouest – Automne (déclin) et Nord – Hiver (finitude).


Chaque quartier se subdivise en trois signes, le premier est Cardinal (l’entrée dans la saison solstice ou équinoxe), le second Fixe (le milieu de la saison) et le troisième Mutable (la phase de transition avec la saison suivante) :


Cardinal= impulsion, création, dynamisme, action, chaleur, rapidité.
Fixe = réceptif, accueil, lenteur, froideur, stabilité.
Mutable = échange, communication, relation, instabilité, changement, mutation.

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Le 8 septembre fête de la Nativité de la Vierge Marie nous incite à parler du signe astrologique de la Vierge et de Bacchus son régent astrologique et de voir leurs liens avec l’ennéagramme.

Il existe une similitude entre le mythe de Dionysos/Bacchus et celui du Christ.

Benoît XVI note dans son Jésus de Nazareth : « Comme […] Le Seigneur a donné le pain et le vin comme les supports de la Nouvelle Alliance, il n’est certes pas interdit de penser […] et de voir transparaître dans l’histoire de Cana le mystère du Logos et de sa liturgie cosmique, dans laquelle le mythe de Dionysos [Bacchus] est complètement transformé tout en étant conduit à sa vérité cachée. »

Dionysos serait né un 25 décembre (solstice d’hiver), d’une Vierge, mort et ressuscité. Les rites dionysiens consistaient en manger le pain et boire le vin qui symbolisait le corps et le sang de Dionysos mort.

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Selon différentes approches psychologiques modernes (nous basons ce document sur les travaux de William Glasser et ceux de Jeffrey Young, mais il y en a bien d’autres) l’enfant vient au monde en ayant cinq besoins essentiels : survie (nourriture, vêtement, chaleur, …), connexion, guidance, croissance et spontanéité.

Nous avons relié ces 5 besoins aux 5 tempéraments de la médecine chinoise et aux 5 tempéraments hippocratiques.

Connaître le tempérament de son enfant va permettre de mieux ajuster le type d’éducation dont il a besoin pour une croissance psycho-affective harmonieuse.

Si le besoin n’est pas comblé chez l’enfant de façon équilibrée (ni trop, ni trop peu), l’individu développera à l’âge adulte des comportements compensatoires.

Par exemple, si le besoin d’amour et de lien n’est pas comblé, à l’âge adulte l’individu aura tendance à avoir un besoin excessif d’indépendance et à avoir du mal à s’ouvrir à l’autre sans peur (qu’on l’envahisse ou qu’on le laisse).

L’enfant dont les besoins ont été sainement comblé pourra atteindre la maturité physique, émotionnelle, mentale et spirituelle et aura la capacité de nouer des relations matures avec un partenaire de vie et d’éduquer ou combler les besoins de ses enfants de façon saine et équilibrée.

Mais soyons réalistes, et comme le disait Freud, le métier de parent étant le plus difficile au monde, la plupart d’entre nous arrivons à l’âge adulte avec des besoins insatisfaits ou frustrés et la maturité s’acquiert par un travail sur soi. Ainsi, quand nous sommes parents le plus beau cadeau que nous puissions faire à nos enfants est d’effectuer un travail sur soi de maturation (physique, émotionnel, mental et spirituel) ce qui permettra de pouvoir combler les besoins de nos enfants de façon saine.

Voici un tableau représentant ces cinq besoins en lien avec les tempéraments hippocratiques, les éléments de la médecine chinoise et les types de l’ennéagramme.

 

Tempérament Eléments Besoin Apprentissage Types de l’ennéagramme
Supine Terre Liberté d’exprimer ses besoins et ses émotions Etre à l’écoute des besoins des autres 9
Mélancolique Métal Connection, attachement sécurisant Indépendance 5 et 4
Flegmatique Eau Guidance Autonomie efficience 6 et 3
Sanguin Bois Croissance Limites, réciprocité 7 et 2
Bilieux Feu Spontanéité Contrôle 8 et 1

 

Nous utilisons l’ordre naturel dit d’engendrement de la médecine chinoise : La Terre nourrit le Métal, qui nourrit l’Eau, puis le Bois et le Feu, etc…

L’intérêt de connaître le tempérament de l’enfant, permet de connaître sur quel besoin nous avons en tant que parents à porter particulièrement notre attention et nos soins.

L’enfant supine (Terre – Type 9) demande une attention particulière à son besoin d’exprimer librement ses besoins et ses émotions sans crainte de la colère, de la réprobation ou du rejet de l’adulte. Il s’agit de donner à l’enfant un espace d’ouverture et d’expression dans une acceptation inconditionnelle de ce qu’il est et de ce qu’il ressent.  Cette liberté d’expression émotionnelle doit aller de pair avec l’apprentissage de l’écoute et du respect des besoins d’autrui. La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin d’exprimer ses propres besoins et l’apprentissage de l’attention au besoin des autres.

L’enfant mélancolique (Métal – Types 4 et 5) demande une attention particulière à son besoin d’amour, de lien et d’attachement sécurisant, de connexion et d’appartenance. Ce besoin doit être comblé tout en respectant aussi son besoin d’indépendance et d’intimité. La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin de connexion et l’apprentissage de l’indépendance.

L’enfant flegmatique (Eau – Types 6 et 3)demande une attention particulière à son besoin de guidance (lui donner des explications, répondre à ses questionnements,…). Cette guidance doit être suffisante (présence, explication des dangers) sans être étouffante (tout faire à sa place par peur qu’il lui arrive quelque chose) pour lui permettre de devenir autonome et efficient dans les diverses situations de la vie. La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin de guidance et l’apprentissage de l’autonomie.

L’enfant sanguin  (Bois – Types 7 et 2)demande une attention particulière à son besoin de croissance (l’expansion, la curiosité, la connaissance, la satisfaction des plaisirs, la possibilité de dire non, …) qui ne doit pas être inhibée au bénéfice du territoire de l’autre, et qui doit être également respectueuse du territoire de l’autre (ne pas être envahissante). La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin de croissance et l’apprentissage des limites et de la réciprocité.

L’enfant bilieux  (Feu – Types 8 et 1) demande une attention particulière à son besoin de spontanéité. Il a besoin qu’on l’encourage à jouer, être spontané, à suivre son inclination naturelle, exprimer ses joies et ses passions mais en même temps il a besoin qu’on lui apprenne à être responsable, à contrôler ses excès d’impulsions. La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin de spontanéité et l’apprentissage du contrôle et des responsabilités.

 

systeme-lutte-ou-fuiteLa théorie du renforcement sensitif (Gray, 1970 – Gray & McNaughton, 2000) postule l’existence de trois systèmes neurobiologiques: le système comportemental d’approche-SCA-, le système comportemental d’évitement – SCE- et le système comportemental d’inhibition – SCI.

Ce modèle a été très influent à la fois dans la psychologie de la personnalité à laquelle il fournit une base neurobiologique de certains traits comme l’extraversion ou le névrotisme, et à la psychologie clinique où des états comme le trouble dépressif majeur ou le trouble anxiété généralisé peut être modélisé à partir de différences dans la sensibilité de base de l’un ou plus parmi ces trois systèmes.

Les humains comme les mammifères font preuve de réponses comportementales innées fonction du type de stimulus: attractif, aversif ou inconnu.

  • Le SCA est basé sur l’émotion de désir
  • Le SCE est basé sur l’émotion de colère
  • Le SCI est basé sur l’émotion d’anxiété

Le Système Comportemental d’Evitement – SCE

Le SCE régit les réponses rapides aux stimuli conditionnés ou inconditionnés, qui sont menaçant ou défavorable, tels que la douleur, le bruit, et représente globalement la prédisposition à éviter la douleur. Les trois réponses de ce systèmes ont été qualifiées par les auteurs anglo-saxons des 3 F –fight, flight, freeze, c’est-à-dire, fuite, combat et sidération.

Le Système Comportemental d’Approche -SCA

Le SCA représente les essais fonctionnels pour rechercher des récompenses, comme la prédilection envers des expériences nouvelles, des comportements spontanés, des activités excitantes et globalement la prédisposition d’être attiré vers le plaisir.

Le Système Comportement d’Inhibition – SCI

Le SCI est impliqué dans la détection et la résolution des conflits entre le SCE et le SCA quand il existe des entrées simultanées dans les deux systèmes. C’est un système basé sur l’anxiété qui est activé lors de situations d’incertitude (quoi faire ?) et qui indique et facilite la détection et la résolution de conflits pour permettre à l’organisme de retourner à un état de non conflit. Ainsi quand un rat se risque en dehors de sa cachette pour rechercher sa nourriture il doit évaluer le risque vital de se faire attraper par un prédateur. Dans ce cas le SCI inhibe à la fois le SCA et le SCE et tend à augmenter son attention, sa vigilance jusqu’à ce qu’il ait évalué et jugé la situation. Alors il prend une décision d’aller vers la recherche de nourriture ou de fuir le danger. Le comportement est vigilant, précautionneux et attentif. Subjectivement chez les humains cet état peut être expérimenté comme du soucis ou des ruminations, avec l’impression d’un danger possible.

Le lien avec l’ennéagramme est le suivant:

  • Centre instinctif = SCI
  • Centre émotionnel = SCE
  • Centre mental = SCA

Si l’on prend le centre mental/SCA – système comportemental d’approche-, le point 7 représente l’hypersensibilité envers la recherche du plaisir (gloutonnerie), le point 5 son hyposensibilité (rétention du plaisir par peur de le perdre) et le point 6 sa paralysie (trouble de l’attachement et de la sécurité affective).

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