Une nouvelle vision de l'Ennéagramme…
  

Thérapies cognitives et comportementales

 

 

Selon différentes approches psychologiques modernes (nous basons ce document sur les travaux de William Glasser et ceux de Jeffrey Young, mais il y en a bien d’autres) l’enfant vient au monde en ayant cinq besoins essentiels : survie (nourriture, vêtement, chaleur, …), connexion, guidance, croissance et spontanéité.

Nous avons relié ces 5 besoins aux 5 tempéraments de la médecine chinoise et aux 5 tempéraments hippocratiques.

Connaître le tempérament de son enfant va permettre de mieux ajuster le type d’éducation dont il a besoin pour une croissance psycho-affective harmonieuse.

Si le besoin n’est pas comblé chez l’enfant de façon équilibrée (ni trop, ni trop peu), l’individu développera à l’âge adulte des comportements compensatoires.

Par exemple, si le besoin d’amour et de lien n’est pas comblé, à l’âge adulte l’individu aura tendance à avoir un besoin excessif d’indépendance et à avoir du mal à s’ouvrir à l’autre sans peur (qu’on l’envahisse ou qu’on le laisse).

L’enfant dont les besoins ont été sainement comblé pourra atteindre la maturité physique, émotionnelle, mentale et spirituelle et aura la capacité de nouer des relations matures avec un partenaire de vie et d’éduquer ou combler les besoins de ses enfants de façon saine et équilibrée.

Mais soyons réalistes, et comme le disait Freud, le métier de parent étant le plus difficile au monde, la plupart d’entre nous arrivons à l’âge adulte avec des besoins insatisfaits ou frustrés et la maturité s’acquiert par un travail sur soi. Ainsi, quand nous sommes parents le plus beau cadeau que nous puissions faire à nos enfants est d’effectuer un travail sur soi de maturation (physique, émotionnel, mental et spirituel) ce qui permettra de pouvoir combler les besoins de nos enfants de façon saine.

Voici un tableau représentant ces cinq besoins en lien avec les tempéraments hippocratiques, les éléments de la médecine chinoise et les types de l’ennéagramme.

 

Tempérament Eléments Besoin Apprentissage Types de l’ennéagramme
Supine Terre Liberté d’exprimer ses besoins et ses émotions Etre à l’écoute des besoins des autres 9
Mélancolique Métal Connection, attachement sécurisant Indépendance 5 et 4
Flegmatique Eau Guidance Autonomie efficience 6 et 3
Sanguin Bois Croissance Limites, réciprocité 7 et 2
Bilieux Feu Spontanéité Contrôle 8 et 1

 

Nous utilisons l’ordre naturel dit d’engendrement de la médecine chinoise : La Terre nourrit le Métal, qui nourrit l’Eau, puis le Bois et le Feu, etc…

L’intérêt de connaître le tempérament de l’enfant, permet de connaître sur quel besoin nous avons en tant que parents à porter particulièrement notre attention et nos soins.

L’enfant supine (Terre – Type 9) demande une attention particulière à son besoin d’exprimer librement ses besoins et ses émotions sans crainte de la colère, de la réprobation ou du rejet de l’adulte. Il s’agit de donner à l’enfant un espace d’ouverture et d’expression dans une acceptation inconditionnelle de ce qu’il est et de ce qu’il ressent.  Cette liberté d’expression émotionnelle doit aller de pair avec l’apprentissage de l’écoute et du respect des besoins d’autrui. La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin d’exprimer ses propres besoins et l’apprentissage de l’attention au besoin des autres.

L’enfant mélancolique (Métal – Types 4 et 5) demande une attention particulière à son besoin d’amour, de lien et d’attachement sécurisant, de connexion et d’appartenance. Ce besoin doit être comblé tout en respectant aussi son besoin d’indépendance et d’intimité. La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin de connexion et l’apprentissage de l’indépendance.

L’enfant flegmatique (Eau – Types 6 et 3)demande une attention particulière à son besoin de guidance (lui donner des explications, répondre à ses questionnements,…). Cette guidance doit être suffisante (présence, explication des dangers) sans être étouffante (tout faire à sa place par peur qu’il lui arrive quelque chose) pour lui permettre de devenir autonome et efficient dans les diverses situations de la vie. La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin de guidance et l’apprentissage de l’autonomie.

L’enfant sanguin  (Bois – Types 7 et 2)demande une attention particulière à son besoin de croissance (l’expansion, la curiosité, la connaissance, la satisfaction des plaisirs, la possibilité de dire non, …) qui ne doit pas être inhibée au bénéfice du territoire de l’autre, et qui doit être également respectueuse du territoire de l’autre (ne pas être envahissante). La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin de croissance et l’apprentissage des limites et de la réciprocité.

L’enfant bilieux  (Feu – Types 8 et 1) demande une attention particulière à son besoin de spontanéité. Il a besoin qu’on l’encourage à jouer, être spontané, à suivre son inclination naturelle, exprimer ses joies et ses passions mais en même temps il a besoin qu’on lui apprenne à être responsable, à contrôler ses excès d’impulsions. La maturité résulte de l’équilibre entre le besoin de spontanéité et l’apprentissage du contrôle et des responsabilités.

 

 

 

 

Un psychologue américain Paul Ekman à mis en évidence cinq émotions fondamentales universelles et indépendantes de la culture ou l’éducation.

Il en conclut que ces émotions font partie de l’équipement biologique et génétique de l’être humain, comme un pré-programme réactif physiologique et comportemental. Ainsi le dégoût permet à n’importe quel mammifère de rejeter violemment une substance qui lui est toxique, comme l’amertume pour l’être humain.

Ces cinq émotions sont : la peur, la colère, la joie, la tristesse et le dégoût.

Selon les théories des médecines orientales sur la constitution, le caractère d’une personne est organisé autour d’une émotion basique.

Cette émotion est comme un « bruit de fond » permanent et inconscient qui va s’activer à la moindre occasion et ainsi colorer toutes nos perceptions à notre insu ou presque. Ainsi celui dont le caractère est empreint de peur, va de façon inconsciente et automatique percevoir les menaces et les intentions cachées dans l’environnement. La peur va modifier ou distordre ses perceptions. L’exemple classique est la perception d’un serpent en travers de la route en se promenant le soir, alors qu’en réalité il s’agit d’une corde.

Les cinq émotions de Paul Ekman se superposent facilement aux cinq émotions de la philosophie taoïste : Eau/peur,  Bois/colère,  Feu/joie, Métal/tristesse et Terre/dégoût.

Notre travail sur l’ennéagramme a permis de connecter les types 4 et 5 à la tristesse, les types 3 et 6 à la peur, les types 2 et 7 à la colère, les types 1 et 8 à la joie, et le type 9 au dégoût.

Nous comprenons ainsi, sur la base des travaux de Paul Ekman, que le type de l’ennéagramme représente EN COLERE le type de préprogramme émotionnel qui nous affecte de façon inconsciente et altère nos perceptions.

Suivant notre histoire de vie, le type sera plus ou moins distordu, l’émotion plus ou moins forte, et donc les perceptions plus ou moins altérées.

Cela situe le type de l’ennéagramme sur un plan beaucoup plus instinctif et biologique, qu’il n’était perçu jusqu’alors.

 

 


 


Christophe André, psychiatre et psychothérapeute,  est l’un des chef de file des  Thérapies comportementales et cognitives en France et a été l’un des premiers à introduire l’usage de la méditation en psychothérapie.

Il est également l’un des responsables de l’ADM France  ( Association pour le Développement de la Mindfulness ), centrée sur l’attention et la pleine conscience appliquée à la vie de tous les jours dans un contexte laïque, thérapeutique et/ou médical.

Voir également sur notre site les pages consacrées à la pleine conscience et à la MBSR et MBCT

Ecoutons le nous parler de l’estime de soi, au travers des âges et des différentes civilisations et comment la pratique de l’attention à soi et de la bienveillance peut aider l’individu à mieux s’écouter, se connaître et mieux se respecter :

A lire également les ouvrages sur l’estime de soi , de ce même auteur :  » Imparfaits, libres et heureux » et  » « L’estime de soi. S’aimer pour mieux vivre avec les autres  » aux éditions Odile Jacob

 

 


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L’acceptation est enseignée dans la méditation de la pleine conscience comme une alternative à l’évitement expérientiel.


 

L’évitement expérientiel est l’attitude de contrôler, vouloir changer ou manipuler les états émotionnels, les pensées, les sensations, les souvenirs que nous évaluons comme désagréables ou douloureux.

Comme nous avons l’habitude de confondre la réalité telle qu’elle est,  avec ce que nous pensons de la réalité, chaque situation vécue, est  évaluée et catégorisée en expérience agréable ou désagréable.

Nous essayons de fixer notre boussole sur « me sentir bien » [1].

Si l’expérience est ressentie comme agréable, nous voulons retenir la sensation et en avoir plus ; si elle est vécue comme désagréable, nous mettons tout en œuvre pour la repousser, l’éviter, la nier, la supprimer ou l’oublier (en se distrayant, travaillant plus, écoutant de la musique,  prenant des médicaments, des drogues, de l’alcool, faisant du sport à outrance, …). Cette attitude est efficace uniquement sur du court terme.

La pleine conscience et les thérapies cognitives basées sur la pleine conscience proposent une alternative à l’évitement expérientiel, à la fuite ou au combat contre soi-même :

Cette attitude s’appelle l’acceptation.

Accepter n’est pas se résigner ni courber l’échine.

Bien au contraire, l’acceptation est un acte délibéré, courageux et compatissant d’auto-validation dans lequel l’individu embrasse le moment, dans l’ici et maintenant, tel qu’il se déploie, pleinement et sans défense.

Par « pleinement », nous entendons :  toutes les émotions et le contenu mental sont là pour être expérimentés, et pas simplement juste une partie de lui, et pas spécifiquement les parties que nous apprécions. Ce que nous signifions par « sans défense » est : la conscience sans jugement et sans évaluation qui observe de façon dépassionnée.

L’acceptation a deux caractéristiques :

  • L’acceptation est un choix, celui de dire oui à ce qui est déjà là. Ce n’est ni un sentiment ni un désir, mais une action délibérée, qui s’offre à nous à chaque instant.
  • L’acceptation est un processus, ce n’est pas un but en soi.

Finalement l’acceptation supporte et encourage des actions basées sur des valeurs choisies, alors que le contrôle et l’évitement expérientiel nous conduit à des actions basées sur des peurs, donc nous éloignant de nos valeurs.


[1] Références : Steven Hayes, fondateur de la thérapie ACT, Acceptance and Comitment Therapy, Thérapie d’acceptation et d’engagement et Benjamin schoendorff : Faire face à la souffrance avec la thérapie ACT

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