Une nouvelle vision de l'Ennéagramme…
  

 

Guérison

 

Le doux voile orangé du soleil épousait la large plaine du Gange, infusant ses mille et unes senteurs dans la tiédeur du soir qui commençait à tomber.

Caché derrière un bosquet, un groupe de femme offrait leurs chants sacrés au divin Vishnou dont on apercevait au loin le temple et la blancheur étincelante des minarets.

Le cri strident des alouettes parvenait à peine à rompre la quiétude quasi surnaturelle des lieux.

Je remarquais, non loin des murs d’argiles qui entouraient la ville, un arbre gigantesque et majestueux autour duquel une foule grossissante s’était rassemblée.

« Allons voir, proposais-je à mon mari en lui tirant impatiemment le bras. »

Comme à son habitude, il se tenait à distance et se contentait d’observer attentivement la procession qui se déroulait sous nos yeux…

Nous vîmes des malades, certains grandement estropiés,  douloureusement   courbés sur des cannes, des vieillards portés à bout de bras par leurs proches, les yeux révulsés, des lépreux se trainant courageusement  dans la terre et la poussière , des enfants ceints de linges mouillés, les yeux noircis par les mouches, luttant contre la mort, des femmes implorants, suppliants. Tous se pressaient, comme aimantés,  vers le lieu sacré.

« Seigneur Bouddha, imploraient -ils, sauvez mon enfant, libérez moi de la folie, guérissez moi de la maladie, et de la souffrance. » pleuraient ils tous d’une même prière.

Une colonie de mésanges avait trouvé refuge dans l’arbre à l’abondant  feuillage,  apaisant tant bien que mal de leurs chants mélodieux la lourdeur des complaintes…

La foule s’était assise dès qu’il se mit à parler. Leurs lamentations s’étaient tues, et pieusement ils écoutaient :

« Nul ne peut échapper à la vieillesse, à la maladie et à la mort. Se trouve-t-il une seule maison qui ne soit point frappée par le deuil et la perte d’un être cher ?  … »

Je vis alors mon mari s’approcher, tandis que le Sage Homme continuait à enseigner.

« Cependant, de la souffrance nous pouvons nous libérer…Il existe une méthode, un chemin.  Je désire vous le montrer. »

Les mésanges et les alouettes, elles aussi, à présent, s’étaient tues. Hommes, femmes et enfants, tous s’étaient recueillis pour recevoir les paroles que le Bouddha en ce jour proférait.

« Seigneur Bouddha !  Enseignez-moi ce chemin. Je veux, de la vie, en extraire la force, l’énergie, et l’élan vital. Je souhaite  donner aux humains des remèdes qui les aident à trouver en eux-même le chemin de la guérison, et leur permettre ainsi d’atteindre au but élevé de leur existence. Aidez-moi à trouver ce précieux chemin ! »

Le soleil venait de se coucher à l’horizon, embrasant d’un rouge profond le regard de l’Eveillé.

Enfin, je  vis mon mari s’agenouiller en prières et recevoir des mains du Bouddha une pieuse bénédiction.

« Ton vœu se réalisera ! Maintiens ce souhait de vies et de vies. Je t’aiderai à lever les obstacles, car, sur ton chemin, tu en rencontreras beaucoup. »

 

Le vaillant coucou de l’horloge venait tout juste de sonner huit heures.

Les brumes hivernales commençaient à se dissiper, laissant un timide rayon égayer l’étroit bureau  qu’ils n’avaient pas pris encore le temps de chauffer.

La petite ville de Köthen frileusement se réveillait.

Mais, que faisait Mélanie ? Ce n’était pas dans ses habitudes de se lever si tard… grogna- t-il.

Il termina le cours qu’il devait présenter dans la journée. Il lui manquait encore quelques données  qu’il recherchait  dans son  volumineux traité de « Matière Médicale Pure » pour exposer plusieurs nouveaux cas de pathologies chroniques guéries.

Une délicieuse odeur de café l’arracha subitement de son travail. Oui, il ne savait pas résister à cette boisson qui , il le savait pourtant, lui était fortement contre indiquée.

Mélanie, en bas, avait installé les bols fumants sur la grande table de la cuisine, mais elle n’eut pas le temps de l’appeler que déjà il terminait de descendre les rudes escaliers.

« On n’a pas idée, à mon âge, d’habiter une maison pareille ! » , pensait il en lui- même. « Un jour, elle deviendra mon cercueil, ses escaliers sont pires que ceux de l’enfer ! »  maugréa-t-il.

« Mon trésor, tu as dormi bien longtemps aujourd’hui !  Je vais devoir partir très vite. Mes jeunes étudiants m’attendent à la clinique. Je viens de leur préparer de magnifiques cas guéris ! »

Mélanie se tenait pensive, le regard dans le vide …

« Mais que se passe- t-il ma chérie ? Dis-moi, parle-moi. Je t’en prie … »

« Je viens de faire un rêve si fort, si beau, si puissant. Nous étions en Inde tous les deux et puis … »

Elle éclata en sanglots …

« Et puis toute cette souffrance !  Oh, cela était terrible…Tu demandais de l’aide à un grand Sage qui enseignait sous un arbre. Tu lui demandais de t’aider à améliorer la santé des humains. »

Elle pleurait encore.

« Mon Samuel, je ne peux oublier ce regard plein de compassion qu’il t’a adressé quand tu t’es agenouillé devant lui. Il t’a promis de te protéger. Pardon, j’en suis encore toute retournée. »

Il s’avançât vers sa femme et tous deux se serrèrent très fort dans les bras…

Elle continua de lui raconter tout le rêve.

Oui du courage il lui en faudrait.  Sa science homéopathique déjà subissait de sévères attaques et allait connaître encore bien des revers et d’injustes procès. Ils le savaient tous les deux.

« Oh mon Samuel ! Les dernières paroles qu’il t’a adressées sont si puissantes ! »

Elle décida d’aller faire graver cette phrase et de l’accrocher sur le frontispice leur maison :

 

Dr Samuel Hahnemann

Gardez la Foi dans vos souhaits de Guérison.

L’Amour, le Bien et le Beau finissent toujours par triompher.

 

  • fr
Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 8 autres abonnés